L’éthologie est, je le rappelle, l’étude du comportement des animaux. Or j’ai fréquenté ces derniers temps une race d’animaux bien curieux : les ennuis. Les ennuis sont à l’instar des sardines, des animaux qui vivent en troupeaux, voire en bancs compacts, et qui recherchent la compagnie de l’homme. La mienne en particulier ces derniers jours.
Plus précisément, dans mon cas cela a commencé début-juin avec un début de burn-out, diagnostiqué lors de mon contrôle de santé annuel, et mise en arrêt de travail pour 15 jours. Ce dernier point n’a naturellement pas amélioré mon image de marque au boulot, en particulier auprès de mon chef, qui a maintenant enfin la preuve que je suis un branleur qui manque à tour de bras à peine on lui gueule un peu dessus. Suite à cela, ma pauvre minette a quitté ce bas monde après quelques pérégrinations qui n’ont en rien détendu l’atmosphère générale. En plus de ça, ma tendre moitié était à l’autre bout de l’Europe pour rendre visite à son oncle, ce dernier n’étant pas au mieux de sa forme. En effet, une amputation d’un membre gangréné est rarement le prélude à une période joyeuse et primesautière.
Les nouvelles étant ce qu’elles étaient, changement de programme pour Madame et nouvel achat de billet d’avion pour rentrer plus vite à la maison. Tant pis, on jettera le billet de retour. Dont acte, merci opodo.ch. A peine rentrée, coup de fil de la part de la famille : le tonton amputé vient de décéder, on ne sait pas pourquoi, tout semblait bien se passer. Bref, re-opodo.ch, nouveau billets d’avion pour retourner là-bas. Votre serviteur faisant également partie du voyage, je ne me voyais pas laisser Madame toute seule dans ces circonstances. Et cela confirmera bien l’opinion de mon chef comme quoi je suis vraiment un branleur, étant donné que je me casse 3 jours au moindre décès dans ma famille. Re-départ donc, et visite de la nombreuse famille et participation aux funérailles.
Mais ce n’est pas fini. Etant donnée la température ambiante, ainsi que l’atmosphère tout aussi torride, ma belle-doche pète une durite : déshydratation, fièvre et surtout délire : les chinois attaquent toutes les nuits en passant par la Finlande et mettent le feu avant de rejeter tous les objets par dessus bord. Bref, il y a visiblement du jeu dans les roulements chez la Belle-Doche, et il faut rentrer d’urgence pour l’hospitaliser. Donc re-re-changement de billets d’avion, un pour ma belle-doche et un pour ma tendre moitié. Mais comme dans le monde merveilleux des transports un aller simple coûte plus cher qu’un aller-retour, on prend chez Swiss les premières places dans le prochain vol direct, et tant pis, on jettera les retours qui ne servent à rien…
Je suis sorti de l’avion hier soir. J’ai recommencé le boulot ce matin. Avec le nombre de billets d’avion que l’on a achetés et jetés, on aurait pu aller se faire des vacances de rêve en Malaisie ou ailleurs. Finalement on va passer les vacances à la maison. J’en ai marre des avions.

Les « pré burn-outs », c’est très tendance ces temps.
Bon retour, donc, dans la Tour. Et Merde à ton chef qui, de toute façon, n’assied son autorité que par le dénigrement et le mépris.
Pour une fois, j’aurais été tendance dans ma vie !
Mais je suis tout de même déçu : les petites pilules que le médecin m’a prescrites ne me font pas autant rigoler que l’ancien chef de l’ancien secteur « Systèmes d’information » avant qu’il ne quitte la boîte avec un géranium sur la tête.
Promis, j’arrête avant que l’on ne me mette la chemise en lin qui se ferme derrière.