Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, j’aimais bien passer la douane à l’étranger. J’arborais fièrement mon passeport rouge à croix blanche, et on avait droit à la queue qui avançait plus vite devant les guichets. Quand on me demandait au fin fond de l’Asie « Where are you from ? », je bombais le torse, faisais saillir les muscles de mes mollets et répondais avec fausse modestie « Switerland… ». Et là, on pouvait lire l’admiration de l’interlocuteur, qui n’avait pas la chance d’être un ressortissant d’un pays aussi prestigieux, démocratique, peuplé de farouches bergers aux bras noueux dont j’étais l’espace d’un instant l’illustre ambassadeur.
Seulement voilà, les choses ont quelque peu changé ces derniers mois : sans parler des excuses nigaudes et naïves de Notre Président auprès du Campeur du Désert, le truc qui me fait vraiment honte, c’est le guet-apens tendus par nos illustres stratèges du conseil fédéral (sans doute) à Roman Polanski. Attention, je ne discute pas de la culpabilité ou non du personnage, mais juste du stratagème mis en place par notre pays pour serrer ce dernier. L’inviter à une remise de prix à Zürich et l’appréhender à son arrivée d’avion, alors qu’il vient régulièrement en Suisse et passe ses vacances à Gstaad, on peut se demander quelle mouche a piqué les autorités pour l’extrader justement maintenant. Et bien à mon avis, c’est un gros coup de langue à l’intention de nos mentors américains. On a été montré du doigt comme les responsables de l’évasion fiscale américaine, du coup on a baissé notre froc et abandonné le secret bancaire. On a même été plus loin en fournissant bon gré mal gré les listes des clients suspects, avec ou sans le nom de la banque mentionné. Après le froc, on a baissé le caleçon en fournissant à nos encombrants et ombrageux protecteurs la tête de Polanski. Ça sonne vraiment comme du gros fayotage vis-à-vis des américains.
On dirait qu’il commence à y avoir une culture de la délation dans ce pays. Il y a longtemps, j’avais entendu des Français raconter cette histoire Suisse : Quel est le comble de la délation pour un Suisse ? C’est de garer sa voiture hors d’une place de parc et de dénoncer les passants qui ne le signalent pas à la police.
La prochaine fois que l’on me demandera « Where are you from ? », je répondrai « I live in France »…
Coincé au fond du lit avec la crève, je me suis regardé l’autre jour wall-e. Et bien j’ai passé un excellent moment ! L’histoire est sympa (à mon âge, on commence à avoir la larme facile), mais j’ai été complètement soufflé par la qualité de l’animation. Pour s’en convaincre, il faut jeter un oeil sur les extraits en HD disponibles ici. Sur le bel écran que j’avais reçu il y a deux ans, en full screen 16/9, ça en jette. Il faut quand même quelques minutes de patience pour télécharger les quelques 180 MB de l’extrait en 1080p, mais ça vaut vraiment la peine !
Et en ce qui concerne Pixar, je me rappelle avoir vu à la fin des années 80 à Computer animation un de leur premier court métrage, qui était déjà incroyable à l’époque. C’était la genèse de Luxo, la petite lampe de bureau qui est maintenant leur marque de fabrique présente à chaque générique. Et on y trouve déjà le même esprit que dans Wall-e :
On ne parlait pas encore de textures et encore moins de temps réel, mais la mode était au raytracing ou à l’ombrage de Gouraud ou de Phong. Et pour se faire une idée de l’excellence de Pixar, le centre de recherche Miralab travaillait sur les rendus naturels de peau et de cheveux. Je ne garantis pas la chronologie exacte, mais voilà plus ou moins ce que cela donnait à peu près à la même époque :
