Il faut que je vous présente : ce que vous voyez là, c’est ma première machine de quand je suis arrivé à la télé il y a 6 ans. Mon chef de l’époque m’avait demandé qu’est-ce qu’il me fallait comme station de travail, et j’avais répondu modestement (parce que je voulais me faire bien voir) une Sun Ultra 5. Du coup, j’ai fait la connaissance d’Athanase. Et on a vécu ensemble un certain nombre d’années, travaillant en parfaite collaboration et bonne intelligence. J’ai installé plein de trucs dessus, je l’avais même « gonflée » un peu, bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Mais le temps a passé, comme chacun le sait, ces petites bêtes vieillissent très mal. Athanase a commencé à avoir de la peine à faire ce qu’on lui demandait, et comme les vieilles souffrent souvent d’ostéosporose, Athanase avait aussi des problèmes d’OS (oui, je sais, c’est un joke à 2 balles)… Finalement, il a fallu que je décide de m’en séparer, et je l’avais délicatement déposée au stock, en espérant qu’elle profite d’une retraite bien méritée.
Et voila qu’avec ces histoires d’amiante, il faut vider le stock et mettre à la poubelle tout ce qui ne sert plus. Il est clair que les violeurs de sépulture ne vont faire aucun cas de mon Athanase, et qu’elle va immanquablement finir au fond d’une poubelle. Non, après toutes ces années, ce n’est pas possible. Alors voila pourquoi tout à l’heure, je suis descendu discrètement au stock, et je l’ai mise à gauche. Après tout, elle est dimensionnée pile-poil pour mon petit réseau à la maison…
PS : Encore un post où je parle d’informatique, désolé. Promis, le prochain je parle de sexe!
Une fois n’est pas coutume, on va parler d’ordinateurs. Pas ceux du boulot, ceux de la maison qu’on a maintenant tous. Ou plutôt en ce qui me concerne que j’avais… Car mon fidèle compagnon des soirées de célibataire de ces 5 dernières années n’est plus. Il n’a pas supporté le déménagement, la température de cet été, les câlins poilus du chat et les chutes de tension dans l’alimentation électrique campagnarde. Bref, il a grillé.
Comme je ne suis plus un vrai geek depuis longtemps, surtout comparé à mon ami Nakan, j’étais dans le dilemme « beaucoup de sous pour un neuf » – « beacoup de temps pour une réparation ». Et puis encouragé par le vide de mon porte monnaie, je me suis lancé dans la réparation, malgré mes craintes de me faire tondre par des vendeurs de matériel peu scrupuleux. Je suis donc allé zieuter sur le site de 1000 ordi, et j’ai fait mon marché : carte mère, processeur et un peu de mémoire. Le vendeur de 1000 Ordi m’a même très bien conseillé, il m’a en plus échangé sans aucun problèmes une première carte mère qui n’allait pas dans mon boitier. Bref : top service qualité, et prix plancher.
Parce que c’est finalement là où je voulais en venir : pour environ 230.-, je me suis remonté une véritable bête de course, avec chose que je n’aurais jamais osé envisager, un processeur Dual Core. Oui, deux pour le prix d’un, j’en rêve depuis que j’avais travaillé sur une Connection Machine à l’Uni en 1992… Bref, ça ma pris un peu de temps, mais j’ai maintenant un PC tout neuf, pour le dixième du prix que ce que m’aurait coûté un nouveau. Vivement les longues soirées d’hiver !

L’autre soir, envie d’une petite bouffe soignée et calme. Ca tombe bien, j’ai appris que le Nicolas Roux Trio se produit au restaurant des Halles de l’Ile. Je les connais surtout parce que Gus Horn y joue, et Gus avant d’être un ami a été mon prof de guitare à l’AMR. C’est aussi grâce à lui que j’ai rencontré plein de musicos de la scène genevoise, et indirectement c’est sans doute grâce à lui que je joue encore maintenant. Alors voila, il méritait bien que je signale un de ses concerts, très jazz dans la formation de Nicolas Roux, mais avec des standards qui groovent bien et de petites incursions un peu bluesies… Donc à recommander chaudement !
Et puis le resto des Halles de l’Ile, je le trouve extraordinaire. La véranda au dessus du Rhône donne l’impression d’être en croisière, et l’accès par la promenade des Forces Motrices ou même par les escaliers qui descendent du pont de la Coulouvrenière donne un côté dépaysant par rapport au centre ville tout proche. Et on va même leur faire de la pub, parce que là, ce n’était pas très fréquenté, et je me demande bien pourquoi. La cuisine est délicieuse et originale, le poisson d’une qualité irréprochable et superbement accomodé. Les prix sont raisonnables si on sait le rester, et la carte des vins comporte des millésimes impressionnants ! Juste un bémol toutefois, sinon on va croire que j’exagère : le dessert n’avait pas besoin d’être aussi riche. Mais à part ça, c’était parfait. Si vous avez l’occasion, allez y faire un saut, ça vaut la peine.
Vendredi soir, j’ai fait un voyage dans le passé. Oui oui, celui dont je suis nostalgique, les années de collège, vers 15 – 16 ans. On plutôt 18, parce que le permis de conduire, c’est quand même pas mal !
Soirée de boîte en perspective. Petite bouffe entre collègues d’abord, puis départ pour les festivités, qui ont lieu dans un lieu qui était très couru dans les années 80, par moi y compris. Ca donne déjà le ton. Mais bon, on passe la commande, on cause boulot entre les collègues, on casse du sucre sur le dos de ceux qui ne sont pas là, on dit du mal des chefs, bref, bonne ambiance, bien ancrée dans le présent. Et puis je lève le nez de mon pavé de cerf et mon regard croise un groupe de personne en train d’entrer… Si on avait été au cinéma, il y aurait eu un zoom arrière avec un travelling avant. C’était elle.
LA fille de qui au collège j’étais complètement dingue. Suivant qu’elle me regardais ou pas le matin, la journée était bonne ou insupportable. Je n’étais jamais sorti avec elle, j’étais en admiration extatique et il n’était pas question de risquer de perdre cela, mais le truc incroyable, c’est que 20 ans plus tard, le mécanisme est toujours là ! Je vais me lever pour lui dire bonjour, impossible de bouger de ma chaise.
Bon, je me reprends. Je suis un monsieur important maintenant; je travaille à la télé, je tutoie plein de célébrités, et je ne suis plus le vilain petit canard timide. Mais voila, elle regarde vers moi, et me fais le regard je-prétend-ne-pas-t’avoir-reconnu-car-je-n’ai-pas-envie-de-te-causer-donc-je-ne-t’ai-pas-vu. Non, mais ne va quand même pas me gâcher ma soirée, cette gonzesse ! Pensons à autre chose.
On fini notre repas, et départ à la salle du **** pour la fête en question. Ca à l’air très sympa; les collègues sur qui on cassait du sucre ne sont pas là, les chefs non plus, la musique est sympa, les boissons gratuites (n’oubliez pas de payer votre redevance !), et puis il y a même ma collègue qui travaille au service du XZY, que je connais aussi depuis le collège. Alors on papote, on boit un verre ou deux, on danse même (c’est elle qui a demandé !), et puis ils passent Eagles… De nouveau les impressions d’il y a 20 ans, c’est dingue, ça me poursuit décidément ! Je crois que je ferais mieux de me rentrer, surtout qu’il y a de la route, et que ces bouffées nostalgiques répétées pourraient bien avoir aussi des relents éthyliques…
Arrivé à la maison sans encombre, c’est plus fort que moi, j’allume mon PC et démarre mon émulateur C64 pour me faire une bonne partie de « Impossible mission ». Même que je ne mets pas le son trop fort pour pas que ma Maman vienne m’engueuler parce que je suis encore fourré devant mon ordi…
Ce soir là, je suis persuadé qu’il y a eu une déchirure dans le continuum espace-temps et qu’un peu des années 1980 s’est retrouvé en 2006.
C’est la première fois que ça m’arrive depuis que j’ai déménagé : je suis malade. Non, pas dans la tête, ou alors juste dans les sinus; j’ai une crève carabinée. En général, au concours du premier qui attrape la grippe, je gagne régulièrement. Malgré ma plastique irréprochable et mon corps d’athlète, mon grand coeur m’incite à héberger généreusement toute sorte de virus et bactéries. Donc voila, je me retrouve au bureau en fin de journée à suer à grosses gouttes, à être encore plus sourd que d’habitude et à avoir un congrès de hérisson au fond de la gorge. 16h : je n’en peux plus, faut que je rentre me coucher. Mais seulement voila, longue est la route, faut prendre le bus, et il n’y a en pas souvent !
Bon, c’est parti, petite trotte de 15 minutes jusqu’à l’arrêt. Coup de chance, il y a pas mal de places assises, ouf, je peux au moins m’effondrer dans un coin. De toute façon, il y en a pour 42 minutes, et puis il faudra changer de bus, et encore 15 minutes, et finalement 15 minutes à pieds pour arriver à la maison. Les minutes passent lentement et dans l’engourdissement général, je me mets a dormir à moitié, a rêver même, et la réalité et l’onirique se téléscopent dans ma pauvre tête fiévreuse. Finalement, le chauffeur me secoue l’épaule pour me dire qu’on est arrivé au terminus… Aie ! Sautons vite dans le second bus, qui va partir tout de suite. Heureusement, c’est une petite ligne de campagne et le chauffeur à l’air de prendre pitié et il m’attend. Re-sommeil jusqu’au bon arrêt, heureusement signalé par le chauffeur, grâce à qui je ne le rate pas… Et maintenant, courage, 15 minutes de trajet à pied jusqu’à mon lit. Mais quand ça monte à vélo, ça monte aussi à pied quand on est malade ! Dingue, ça ne me semblait ni aussi raide, ni aussi long… Finalement c’est 25 minutes qu’il me faudra pour arriver en haut. Trempe comme si j’étais rentré à la nage !
Bref, j’ai passé quatre jours au fond du lit, à ne rien pouvoir faire, et j’avais même de la peine à comprendre les émissions jeunesse de la TSR (je ne capte que TSR1 et TSR2 dans la chambre à coucher). C’est d’ailleurs très frustrant d’être dans sa maison et de ne rien pouvoir bricoler, ranger, organiser…
Alors ce matin, quand le chef m’a demandé un certificat médical avant même de me dire bonjour, du genre « comme ça mon coco on prend du bon temps aux frais de l’assurance », là, il y a en un qui est passé très très près d’un regrettable accident de travail !
